Bihorel automne 2 152

Lors du Conseil municipal du lundi 14 décembre 2009, le Maire de la commune a présenté ce que l’on nomme le débat d’orientation budgétaire. Ce débat a pour vocation d’annoncer les priorités budgétaires de l’année, deux mois avant le vote du budget qui devrait, lui, intervenir le 8 février 2010.

Fort peu à l’aise sur les questions de finances publiques, le Maire de Bihorel, s’est, comme à l’accoutumé, livré à une présentation décalée sans rapport avec les orientations budgétaires. Par contre, elle annonçait très clairement les orientations à venir sur la diminution du personnel et des services publics de proximité à Bihorel dans la perspective de fusion avec Bois Guillaume. Elle confirmait, en outre, les intentions immobilières de la ville, notamment sur le Chapitre. Au titre de la réduction du personnel et des perspectives de fusion, la présentation est explicite :

« 2010 devra également être l’année de l’inventaire général, notamment guidé par l’étude organisationnelle effectuée dans le cadre d’un rapprochement avec la commune de Bois Guillaume ».

L’emploi du conditionnel est à l’évidence superflu d’autant que le mode opératoire est précisé plus loin :

« De plus une étude affinée devra aussi être diligentée pour étudier l’externalisation et la dématérialisation dans l’ensemble des services ».

Pour les employés et habitants de la commune qui n’auraient pas complètement compris le propos une phrase vient préciser les choses :

« Concernant la masse salariale, sa compression ne pourra se faire qu’en limitant le nombre de fonctionnaires territoriaux titulaires ».

Au-delà de la phraséologie d’essence ultralibérale, se pose aujourd’hui, dans une agglomération élargie dans ses frontières et ses compétences, le sens et les conséquences d’une fusion dont les ressorts ne sont que tactiques et laissent de côté les services publics de proximité et l’intérêt des habitants.

Ces questions essentielles sont les mêmes que celles qui se posent pour le P.L.U.

La deuxième partie du débat d’orientation budgétaire est venue confirmer les intentions et les manières d’agir du maire. La salle des fêtes ou d’animation aux abords de l’hippodrome est confirmée, sans que la clarté ne soit faite sur l’étendue de ce projet, ses conséquences, son usage exact. Est-ce un projet public ou privé ?

Par ailleurs, le Maire a mis en exergue le projet de rénovation des tennis (Dynaclub). Projet parfaitement défendable et compréhensible, compte tenu du dynamisme de ce club et de la vétusté des équipements.

En revanche, pourquoi subordonner sa réalisation à une opération immobilière sur le Chapitre ? L’approche est d’autant moins fondée, que le projet immobilier est déjà, à l’évidence, dans les cartons. Si l’opération de maquillage a pour but de faire porter la responsabilité future sur le club de tennis ou de se dédouaner des conséquences désastreuses qui ne manqueront pas de surgir, on peut alors parler de cynisme de la part du Maire. Cynisme d’autant plus marqué, que ce débat confirme l’existence d’un projet immobilier de grande envergure sur le Chapitre. 70 logements sur les Campanules, 200 ou plus sur cette parcelle ! Combien sur l’espace vert devant le centre commercial, si le Maire se sort de l’imbroglio juridique, peu louable, dans lequel il a plongé la commune ?

Ce débat d’orientation budgétaire n’annonce pas seulement la fin des espaces verts sur le Chapitre, elle annonce 400 véhicules supplémentaires chaque jour, elle annonce un cadre et des habitudes de vie profondément modifiés. Cette perspective mérite une réflexion plus poussée qu’un PLU adopté en force (sans doute le 8 février) et quelques lignes sur une note de synthèse dans un débat d’orientation budgétaire au cœur de l’hiver. Tout cela démontre que le Maire n’est plus guidé par l’intérêt public de sa ville et de ses habitants. Une fois les projets réalisés, l’objectif sera la fusion Bihorel/Bois Guillaume et par là même, la fuite face aux responsabilités et conséquences de ses ambitions immobilières.

C’est irresponsable et inacceptable.

Benoit Pétel