Les « Campanules », ce terrain du Chapitre, niché au bord d’une voie sans issue, à la limite de la commune, fait figure de concentré de tout ce que le projet de PLU recèle comme enjeux :
On sait à quel point Bihorel est une ville construite : elle connait la 2e plus forte densité de la rive droite, derrière Rouen. Les rares espaces verts qu’elle possède – j’entends ici les espaces verts libres d’accès, ceux dont tout le monde peut jouir librement – constituent donc naturellement une préoccupation majeure de toute révision des « règles bihorellaises d’urbanisme ».
Or, pour les Campanules comme pour les autres espaces verts communaux, leur « protection » dans le PLU n’est que… façade. En effet, non seulement l’interdiction de construire ne porte que sur une partie limitée du terrain, mais la partie non protégée connait de ce fait, par un bizarre phénomène de vase (celle de la mare sans doute…) communicant, un accroissement de son coefficient d’occupation des sols ! En clair, les droits à construire retirés à la partie protégée, ont été transmis à la partie non protégée…
Autre thème largement répété, à défaut d’être réellement développé, par le Maire : l’adaptation, en nombre et en qualité, de l’offre de logements. Passons rapidement sur le nombre – dont on a eu à de multiples reprises l’occasion d’indiquer qu’il n’avait pas été mis en rapport avec une étude démographique digne de ce nom, notamment en terme de dynamique – pour nous attarder sur la qualité. Le Maire ressasse à l’envi qu’il est urgent de proposer aux jeunes couples et aux personnes âgées des logements adaptés à leurs besoins et à leurs bourses. C’est ainsi qu’un projet de résidence pour personnes âgées serait, à l’en croire, prévu sur le terrain des Campanules.
Or, à supposer que ce projet soit souhaitable (quid entre autres de la rénovation du foyer Tamarelle ?), de quelle garantie dispose-t-on quant à la destination des futures constructions sur ce terrain ? Monsieur le Maire feint de n’avoir toujours pas compris que, là comme ailleurs, une fois le terrain vendu à un promoteur immobilier, celui-ci ne sera soumis qu’à 2 règles : celle du règlement d’urbanisme (surface, hauteur, emprise au sol) et celle de la rentabilité !
Dernier point essentiel du PLU, ou du moins aurait-il dû l’être.
Tout à sa frénésie de constructions, notre Maire a oublié une arithmétique pourtant simple : un logement supplémentaire = 1 voiture supplémentaire minimum. Le PLU précise que Bihorel aurait besoin de 800 à 900 nouveaux logements. Le calcul est donc simple et les conséquences prévisibles eu égard à la situation déjà plus que préoccupante de notre commune en la matière… Comment y faire face ? Du côté des Campanules au moins, aucune mesure de protection n’empêchera de réaliser cette percée vers Bois Guillaume désirée par certains depuis au moins aussi longtemps que la fusion… La quiétude du quartier y gagnera sans doute…
Finalement, quand notre « maire-bâtisseur » nous avance les arguments fallacieux sur lesquels reposent son projet, pour qui nous prend-il ? Campanule : petite cloche en latin.
Guillaume Avisse.