
Après un petit flou artistique pour savoir si le quorum était bien réuni, (c’est vrai que nous n’étions que 6 personnes présentes ce 24 septembre, à 18heures), après avoir recompté les pouvoirs, après avoir cru apercevoir madame Untel qui arrivait, nous décidons de commencer. Nous n’avons pas demandé à vérifier les pouvoirs, après tout, nous ne sommes pas là pour polémiquer.
Nous participons à une réunion, somme toute « normale » comme je vous en ai déjà raconté plusieurs, normale si on se fait à l’idée que le rôle essentiel d’un CCAS est d’essayer de pallier la misère humaine qui s’aggrave de jour en jour en particulier du fait d’un gouvernement qui vote de nouvelles taxes et impôts, comme sur les indemnités relatives aux journées d’arrêt pour accident de travail, ou qui met toute son énergie à remettre en question les services publics. Mais ne polémiquons pas ! Donc, après une réunion « normale », en fin de séance, le climat s’est brutalement détérioré.
Nous avions pourtant, Firouze et moi-même, validé tous les points à l’ordre du jour, accepté bien évidemment d’aider ponctuellement toutes les personnes dont le dossier nous avait été présenté, nous avions même, toutes les six (peu de messieurs au CCAS !) partagé notre sentiment de révolte devant le niveau des loyers pour un appartement locatif privé sur le Plateau des Provinces (680€ ou même 762€ au Morvan !). Ou encore notre sentiment de découragement devant les situations de mères seules avec enfants qui n’obtiennent pas de pensions alimentaires et que la CAF (où était monsieur Mignon ?) laisse seules pour engager des recours. Donc aucune polémique dans tout ça, presque une proximité, non pas d’approche ni d’analyse des situations (n’exagérons pas, nous ne sommes pas là pour ça de toute façon), mais dans le traitement des dossiers proposés. Alors me direz-vous, qu’est-ce qui a bien pu perturber cette belle réunion ?
Figurez-vous qu’un pauvre monsieur, habitant dans une maison à étages, est tombé et a dû être hospitalisé. Malheureusement il n’a pas de mutuelle, comme beaucoup des personnes dont nous parlons au CCAS. Pourquoi ? Ne polémiquez pas, laissez-moi poursuivre !
Quand, sur ma droite, quelqu’un a formulé que 700 euros pour 8 semaines d’hospitalisation c’était finalement pas très cher, j’ai commencé à avoir la moutarde qui me montait au nez et j’ai rappelé que nous étions, encore, dans un pays avec une sécurité sociale qui est censée apporter les mêmes soins à tous.
Quand la question d’un logement plus adapté à ce pauvre monsieur a été posée et que le foyer Tamarelle a été évoqué, là tout d’un coup, nous sommes brutalement tombées dans la polémique. En posant la question de l’avancée du dossier Tamarelle avec Dialoge, nous polémiquons ! « Oh de toute façon Dialoge ne change même pas les gardes corps sur ses balcons alors, vous pensez, au foyer Tamarelle… ».
Dialoge cherche toujours une association pour gérer le foyer ; prétend ne pas avoir le droit de gérer un foyer de personnes âgées. C’est nouveau ça, les bailleurs sociaux n’auraient plus le droit de gérer ce type d’établissement ?
Quand nous demandons le nombre de logements vides dans le foyer et que la réponse se situe entre 10 et 15 (« mais on vous rappellera pour vous le préciser, j’attends toujours l’information exacte, pour ne pas vous dire de bêtises »), nous polémiquons !
Alors oui, même si c’est ça polémiquer : poser des questions, rappeler des promesses de campagne faites aux personnes âgées et à leurs familles, nous sommes dans notre rôle, au CCAS.
Nous ne sommes pas là uniquement pour permettre à cette collectivité d’avoir le quorum ou pour lui donner bonne conscience sans poser la question du pourquoi de ces situations le plus souvent dramatiques. Nous sommes là pour poser des questions, pour, en principe, essayer d’ébaucher des réponses, même modestes, nous continuerons et tant pis pour l’entente presque cordiale qui pouvait paraître régner dans ces réunions CCAS.
Aux dernières nouvelles, nous aurions peut-être dû, Firouze et moi-même, polémiquer dès le début de la réunion et demander à voir les pouvoirs car je viens de recevoir une nouvelle convocation, dans ma boîte aux lettres, le mardi 13 pour le jeudi 15 octobre, avec comme introduction : « le quorum n’ayant pas été obtenu lors du CCAS du 24 septembre 2009, je vous prie de bien vouloir assister… Avec le même ordre du jour…»
Nous aurions dû, car notre disponibilité peut avoir des limites ! Je vous rappelle l’heure des réunions CCAS : 18 heures. Vous imaginez aisément ce que cela nous demande d’organisation pour être présentes. Alors, serons-nous là pour polémiquer à nouveau ?
Vous le saurez en lisant le prochain épisode, à suivre !
Martine Laconde.
B.Nicolle
19 octobre 2009 à 12:03
Merci pour ce compte rendu…qui m’interpelle.
Qui sont les membres du CCAS ? et comment sont ils désignés ? Qui préside le CCAS (avec ou sans voix prépondérante?)
Savent ils que les personnes qui ont déposé un dossier d’aide au CCAS sont vraiment dans l’embarras pour ne pas dire autre chose ?
J’imagine aller leur dire que l’aide ne peut être débloqué pour absence de QUORUM ! « Vous avez faim , mangez votre main et gardez l’autre pour demain, on a pas le quorum… »
« Vous ne pouvez pas payer le forfait journalier, le trésorier ne saisira pas vos meubles vous êtes trop âgé et puis on a pas le quorum! « …
Les membres de ce comité ne savent donc pas communiquer entres eux pour se faire remplacer par les suppléants.
On a tous beaucoup de choses à faire mais lorsqu’on s’engage on doit aller jusqu’au bout. Sinon on reste chez soi et on laisse sa place aux autres.
Merci aux présents-frustrés en tout cas.