
Les transhumances de l’été battaient leur plein, vidant Bihorel d’une bonne partie de ses habitants. Ceux qui étaient déjà revenus constataient que, déjà, les petits matins étaient plus frais, que les soirées dans le jardin étaient plus difficiles à imaginer. Nous sentions bien avec une évidente nostalgie que cette trêve que nous nous étions accordée allait bientôt prendre fin et que l’actualité qu’elle soit bihorellaise ou nationale, allait nous rattraper.
Comme chacun sait, l’été est propice à faire passer en douceur quelques lois difficiles, travail du dimanche et autres textes sécuritaires. Pourtant, tout comme l’arrêt du P.L.U de Bihorel, c’est un décret d’application paru avant l’été qui me tracassait, déjà !!
En effet, ce texte a été publié le 18 juin 2009, il était largement annoncé dans la loi du 17 février 2009 « pour l’accélération des programmes de construction et d’investissements public et privé », vous savez bien, le célèbre plan de relance de l’économie.
Ce décret modifie le Code de l’Urbanisme et, en particulier l’article R.123-20, en introduisant une nouvelle procédure de modification simplifiée des documents d’urbanisme. Avec un objectif affiché de faciliter et accélérer la construction de logements, la loi du 17 février instaure une procédure de modification très allégée puisque l’enquête publique disparaît au profit d’un simple « porté à connaissance » du public pendant un mois, suivi d’une délibération motivée en conseil municipal.
Cette nouvelle procédure pourra s’appliquer pour :
- rectifier une erreur matérielle, très bien,
- augmenter dans la limite de 20% le coefficient d’emprise au sol, le coefficient d’occupation des sols ou la hauteur maximale de constructions (Eh oui !!)
- diminuer les obligations de recul des constructions par rapport aux limites de leur terrain (Ah !)
- diminuer dans la limite de 20% la superficie minimale des terrains constructibles (Oh !)
- supprimer des règles contraignantes pour l’installation de systèmes innovants de production d’énergie (panneaux photovoltaïques, panneaux solaires…)
- supprimer un ou plusieurs emplacements réservés.
Le texte de loi qualifie ces modifications « d’éléments mineurs ».
En réalité, cette nouvelle procédure est, de loin, la moins lourde de toutes les procédures jusque-là énoncées dans le Code de l’Urbanisme.
Le décret d’application n’impose pas une information préalable du public. Le dossier est simplement « porté à connaissance » on peut légitimement penser que ces modifications se feront sans aucune publicité et ce d’autant plus que le décret n’impose pas non plus qu’un bilan du porté à connaissance soit tiré par l’exécutif avant de délibérer. Il est évident que cette nouvelle procédure prive le public, mais également les services publics généralement associés dans les autres procédures (DDE, Région, Conseil Général, chambres consulaires…), de toute information et de toute influence.
Comment ne pas imaginer que le bureau d’étude de Bihorel connaissait ce texte avant l’été comme tous les professionnels ? Ainsi, la collectivité a pu légitimement négocier une petite diminution du COS de la future zone UB (de 1 à 0,80) en sachant que très rapidement elle disposerait d’outils juridiques beaucoup plus souples.
La douce nostalgie des belles journées d’été vous caresse encore de bons souvenirs, et déjà, nous savons qu’en septembre, il nous faudra être encore très déterminés pour tenter de contrer une politique constructive à outrance qui, c’est clair, bénéficie d’appuis importants a l’échelle nationale
Eh voilà, je vous aurai prévenu !!
Non, ne me remerciez pas !! A bientôt.
Martine Laconde
Constantin Dragasès
11 septembre 2009 à 10:06
Alors les camarades, grosse rentrée littéraire, non?
C.D
Constantin Dragasès
17 septembre 2009 à 23:37
Camarades, les vacances sont finies depuis longtemps !
Je commence à être inquiet. Une grève de Teor vous aurait-elle contraints à rester sur l’île de Lubang ? Etes vous toutes et tous absorbés par la lecture du livre de André et Rissouli ? Ou bien êtes vous devant le 20 heures de TF1, des fois que Marie-Ségolène y soit encore ce soir? Martine vous aurait-elle donné à réviser vos tables d’additions pour occuper vos soirées?
Non, sérieusement les camarades, la mi septembre est passée, faudrait peut être s’y remettre !
C.D
Fred Duval
18 septembre 2009 à 18:21
Tiens, je reviens d’un petit tour des propriétaires, juste avant la reprise … Assez parlants vos deux derniers billets, Constantin : d’un côté une charge en règle contre le PS, assez violente, où socialiste et malhonnête deviennent synonymes, et envers qui, bien entendu, le citoyen éclairé, la justice, la postérité et peut être ben aussi Mickey Mouse devront se montrer impitoyables, et de l’autre Brice Hortefeux et ses dérapages qui ne méritent surtout pas qu’on s’y arrête, le racisme devenu ordinaire devenant une simple bulle, heureusement pas papale, mais médiatique… Bref quand un ministre se lâche, vous plastronnez au second degré… Au fond, vous n’êtes pas si contestataire que cela, vous êtes même d’une rare indulgence avec le pouvoir et réservez votre intransigeance pour les autres. Courageux.
F.
Constantin Dragasès
19 septembre 2009 à 13:00
La reprise a l’air dure, Président, vous êtes un peu ronchon. Je crois avoir ici comme sur mon blog, tapé autant sur la gauche que sur la droite locale. Le jour où Hortefeux fera vraiment un truc qui m’insupportera, tout premier flic de France qu’il soit cela ne m’interdira rien.
Vous videz les mots de leurs sens en les utilisant à mauvais escient. La phrase d’Hortefeux n’est nullement raciste. On pourrait y voir, peut être, une pointe de xénophobie mais elle me parait d’une affligeante banalité et en cela je rejoins le point de vue de Renaud Camus « que s’agissant de l’immigration et de l’intégration, que les problèmes qui leur sont liés ne sont pas envisageables indépendamment des questions de nombre, et que ce qui est possible et souhaitable, pour une nation, quand elle a affaire, dans ces domaines, à des individus, cesse tout à fait de l’être quand elle est confrontée à des peuples entiers ou des communautés. »
En négligeant ces questions, la bulle électorale n’a déjà t-elle pas éclaté au nez des socialistes ?
Le courage c’est peut être d’écrire ce que l’on pense, même sur un blog dit de gauche, une gauche qui a fait depuis longtemps son fond de commerce d’un soi-disant anti- racisme après avoir bazardé la défense des classes populaires.
Le vrai courage c’est de poser les questions qui fâchent et ce n’est certainement pas de fantasmer en voyant des racistes et des fascistes partout, histoire de se faire peur et de jouer au résistant.
C.D