chevaux-fous.jpgDurant la campagne municipale, le Maire de Bihorel et ses colistiers m’ont expliqué sans relâche que je ne pourrais en aucun cas devenir Maire de Bihorel puisque je n’étais pas Bihorellais de souche…

Je me suis longtemps interrogé sur ce concept et j’avoue qu’il m’arrive encore, à mes heures perdues, de plancher sur cette vaste question.

Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque le 15 avril, à l’occasion d’une vraie fausse réunion d’information/concertation, les Maires de Bois-Guillaume et de Bihorel nous ont informés de leur intention de procéder rapidement à la fusion des deux communes.

Rapidement… mais sans empressement… bien sûr !

En effet, reprenant la rhétorique qu’il utilise concernant l’urbanisme («pas de projet»), le Maire de Bihorel a tenu à nous rassurer en nous indiquant que bien entendu «rien n’était fait, que nous en étions au point zéro de la démarche».

Certes, on sait déjà qu’il s’agira d’une fusion simple, c’est-à-dire la plus intégrée. Certes, le Préfet a été contacté et semble déjà favorable… Certes, la presse a été informée, quelques heures avant les élus… Certes, l’ensemble devrait être réglé d’ici l’automne… Certes…

Au point zéro, disions-nous, car une étude sera tout de même diligentée pour… confirmer la pertinence de la démarche…

Alors bien sûr, il restera à consulter les populations… Tout de même !

C’est là, figurez-vous, que réapparaît notre fameux Bihorellais de souche, pardon Bois-Guillaumais de souche.

Eh oui car à la fameuse question – mais pourquoi donc une fusion ? – le Maire de Bois Guillaume nous a répondu avec conviction, sans même un sourire, fût-il narquois : «L’Histoire»… D’ailleurs dans son esprit il ne s’agit pas d’une fusion, mais d’une «réunification» (sic). Une réunification que lui demandent, sans cesse, sur les marchés, dans la rue, de nombreux Bihorellais et Bois-Guillaumais de souche (souche du 19ème siècle) qui souffrent dans leur chair de cette déchirure pourtant plus que séculaire !

On comprend qu’il soit difficile de supporter cette douleur, néanmoins quelques questions plus contemporaines se posent à nous.

Compte tenu du niveau d’intégration de la communauté d’agglomération rouennaise, de l’évolution en cours vers une communauté urbaine ou élargie, quel est le sens d’une telle fusion ? En quoi celle-ci constituerait-elle un plus pour les Bihorellais (ou les Bois-Guillaumais) ? A l’inverse, ne peut-on pas plus raisonnablement s’inquiéter de voir reculer ou disparaître les services publics de proximité, notamment à Bihorel ?

Des questions qui appellent des réponses de nos deux Maires, afin que les électeurs puissent se prononcer en connaissance de cause.

Et nostalgie pour nostalgie, il est à craindre qu’une approche d’urbanisation massive de la ville « cimente » fortement l’amitié de nos deux édiles. De quoi s’inquiéter pour les derniers carrés de verdure et les quelques souches qui ont survécu à la déchirure passée de nos deux communes.

Benoit Pétel.