A Bihorel, vous pouvez ouvrir vos volets un matin, et découvrir que votre rue a subitement changé de sens. Bien sûr, personne n’a pris soin de vous en informer.
Parfois, et de plus en plus fréquemment d’ailleurs, votre rue retrouve son sens initial quelques jours plus tard. Ce revirement, dont on ne vous informera pas plus, pourra être dû à une intervention, justifiée, pertinente ou non, d’un voisin, d’un commerçant, d’un élu…
Cette «cacophonie» urbanistique, qui s’accompagne d’une panoplie d’installations signalétiques en tous genres, extrêmement bigarrée, pourrait relever d’une sorte de folklore local amusant.
Seulement voilà, les problématiques de circulation mettent en jeu la sécurité et le bien-être des habitants. La sécurité maximale des usagers de la route et des trottoirs doit donc être la préoccupation principale de l’action publique.
La partie de la ville actuellement concernée par les velléités de l’adjoint au patrimoine communal se situe autour de la Place Saint Louis (centre Gascard). Elle couvre un large périmètre : rue Carnot, rue de Verdun, rue Michelet, rue Jeanne d’Arc et rue Saint-Mathurin. Autant dire que toutes les modifications sur ce périmètre sont susceptibles d’avoir des impacts sur la moitié du territoire communal.
En juin 2008, Monsieur Poussin, adjoint au patrimoine communal, à la voirie et aux grands projets nous a proposé une réunion de concertation sur ces modifications. Devant la réprobation quasi unanime de l’assistance tant sur le fond que sur la méthode, la concertation a tourné court et la réunion est devenue «d’information».
Néanmoins, nous avons profité de cette réunion pour rappeler à Monsieur l’adjoint que l’expérimentation, surtout approximative, en matière de plan de circulation n’était pas la voie la plus sûre et la plus sage. De la même manière, nous lui avons rappelé qu’un plan de circulation, s’il veut avoir une vraie efficacité doit s’appréhender globalement, sur la base d’études sérieuses de flux de véhicules, en mesurant les interactions occasionnées dans les différents points de la ville, en réalisant des simulations informatiques, en envisageant les éventuels aménagements et, bien sûr, en menant les concertations adéquates. C’est complexe, pas toujours facile, mais il n’y a qu’à ce prix qu’il est possible de réussir pareille entreprise.
Même s’il a retenu le principe d’un comptage partiel des flux, Monsieur Poussin s’est entêté sur son expérimentation. Le résultat est un fiasco complet.
Absence totale de visibilité, incompréhension des nouveaux circuits de circulation, même pour les Bihorellais les plus compréhensifs, et au final une évidente augmentation de la circulation et du danger dans certaines rues de Bihorel, comme la rue Voranger ou la rue Saint-Denis par exemple.
Monsieur Poussin nous propose à nouveau une réunion. Celle-ci a pour objectif de nous présenter les résultats des comptages et de recueillir nos remarques et suggestions. Il s’agit donc bien d’une forme de concertation. Cette réunion se déroulera le 4 février à 20h00 à la Grange de Bihorel. Nous y serons bien sûr présents pour tenter à nouveau d’apporter notre contribution à une résolution plus harmonieuse de cette épineuse question.
Nous saisirons, cependant, M. le maire de Bihorel pour qu’il impulse enfin une démarche plus globale et qu’il inclue notamment dans le PADD (Plan d’Aménagement et de Développement Durable) du PLU toutes les questions liées à la circulation comme le traitement notamment de la RD 243 A (Rue du Maréchal Juin), de son croisement avec la rue de la Prévôtière, le croisement de cette même rue avec la RD 43, l’accès à l’A 280, la rue des Canadiens… incluant également un réseau de déplacement doux, desservant en toute sécurité les établissements scolaires et lieux publics.
La tranquillité des habitants de Bihorel, leur santé, leur sécurité sont à ce prix.
Benoit Pétel
Frédéric Duval
5 février 2009 à 11:40
La Grange, plan de circulation, 4 février 2009.
Réunion que je qualifierais de semi-houleuse, hier soir. Du monde, mais pas l’affluence des grands soirs non plus.
Que dire ? En dehors des quelques personnes satisfaites car le problème de leur rue a été « réglé », beaucoup de gens présents pour témoigner que le règlement du problème chez les uns a créé de nouveaux problèmes chez les autres. Mention spéciale à la rue Saint Denis, très représentée hier soir par des gens allant souvent dans le sens des interventions de nos deux élus, Rachel Godot et Benoit Pétel : il faut un plan de circulation global pour Bihorel. Cesser de réfléchir trottoir par trottoir et d’initier une curieuse mais palpable illustration de la théorie du chaos où le battement d’une aile de papillon sur le centre Gascard peut créer une tornade sur le square Tamarelle.
Il faut un plan, certes plus coûteux au départ mais qui à terme pourrait se révéler plus efficace et même économique.
Les élus, Monsieur le maire et monsieur Poussin, semblent ne pas vouloir entendre cette proposition pourtant réitérée à chaque réunion. Un grand moment de sociabilité à noter lorsqu’un intervenant nous a en gros expliqué que les femmes conduisent globalement vite et mal. J’ai envie d’ajouter, surtout les femmes de gauche, mais bon, c’est gratuit. Voilà. Nous ce qu’on a compris surtout c’est que les aménagements prévus seront mis en œuvre. On ne fait toujours pas tout à fait la nuance entre réunion d’information et de concertation, même si il a été dit maintes fois que les réflexions seront prises en compte. La bonne volonté des élus n’est pas remise en cause, mais leur entêtement sur leur méthode fait craindre le pire. La politique de la patate chaude a encore de bien beaux soirs devant elle.
F.D.