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«Dire la vérité est dangereux non seulement pour celui qui la dit, mais également pour la stabilité du monde lorsque celle-ci est édifiée sur un mensonge (mythe).»
Hannah Arendt

Récemment, le maire de Bihorel a «répondu», aux différentes objections et avis formulés par les élus de «Bihorel avec vous » sur l’avenir de notre ville, dans le cadre de l’adoption d’un Plan Local d’Urbanisme.

Dans cette lettre/tract financée par l’argent des contribuables, le maire de Bihorel a déserté, comme souvent, le terrain des questions de fond, pour celui de l’insulte, où il se trouve manifestement plus à son aise.

Les élus que nous sommes et les Bihorellais, sont en droit d’attendre du premier magistrat de la commune une attitude plus digne et plus responsable.

Nous voilà donc comme le CCVPN, en son temps, ravalés au rang de menteurs et de malhonnêtes car nous ne sommes pas en accord avec les analyses du maire, car nous posons des questions simples, nous demandons des garanties, nous nous intéressons à l’avenir de la commune, nous assumons pleinement notre rôle d’élus de l’opposition.

Outre que cela fait de Bihorel une ville où le nombre de menteurs et de malhonnêtes est très anormalement élevé, cette situation pose tout simplement la question de la conception qu’a le maire de Bihorel de la démocratie locale et de la liberté d’expression qui doit l’accompagner. Cela justifie d’autant plus les inquiétudes que l’on peut formuler dans sa manière de diriger la ville.

Nous serions donc des menteurs et des malhonnêtes.

Menteurs, en premier lieu car nous contestons la conception et les soi-disant objectifs du PLU.

Le maire actuel aurait élaboré un document d’urbanisme qui «réponde avant tout à nos besoins et à nos préoccupations». Sur quelle étude, quelle « enquête ménage » se fonde-t-il pour déterminer nos besoins, nul ne le sait. S’agissant du diagnostic, document obligatoire du PLU, nous n’avons pas cessé de montrer ses carences : absence de prise en compte des questions de circulation, aucune analyse environnementale sérieuse, aucune étude démographique dynamique… Le Maire analyse nos besoins et ceux de notre ville au jugé, au gré du vent. Il les justifie toujours avec les mêmes arguments : accès des jeunes couples (pas les autres jeunes ?), adaptation des logements à la condition des personnes âgées, redynamisation du commerce de proximité, maintien du cabinet médical (?!).

Le maire oublie juste de préciser comment il compte s’y prendre…

Menteurs et malhonnêtes, en second lieu, car nous affirmions que le maire voulait plus de 10 000 habitants à Bihorel, avec les conséquences que cela pouvait avoir en volume de construction. Nous persistons et nous signons, le maire l’a dit et ce à plusieurs reprises, verba volant, scripta manent. L’objectif a changé, tant mieux. Il est aujourd’hui de 9 000 habitants. L’effet de notre opposition ou celui de la crise de l’immobilier, qu’importe ? Cet objectif est déjà plus raisonnable et l’on s’en félicite.

L’hippodrome, problème de mémoire sans doute…Qui a parlé (compte rendu de conseil municipal à l’appui) de salle des fêtes d’agglomération sur l’hippodrome ?…projet ajourné ? Pour notre part, de simples explications complémentaires suffiraient…

Pour la place de l’église, le maire nous livre là encore une démonstration de sa manière de procéder : amalgame, reprise partielle de propos, décontextualisation. De quoi s’agit-il ? La ville rachète toutes les parcelles comprises entre la rue du Général de Gaulle et la rue de la Paix (rachats réalisés pour une grande part). C’est un fait ! Elle procède donc à une vaste opération immobilière. C’est un autre fait !

Nous sommes contre cette opération immobilière principalement pour deux raisons. Ce vaste projet, qui implique quoi qu’en dise le maire, la destruction totale de l’existant (ou alors qu’il nous explique comment il compte faire, cela évitera de passer à nouveau pour des menteurs) va dénaturer complètement ce quartier. Cela ne nous semble pas justifié. La seconde raison, c’est que cette opération «embarque» la ville et ses finances dans une opération dangereuse, qu’elle ne semble pas capable de maîtriser. Alors oui, sans mentir, nous posons des questions que tout citoyen et tout contribuable est en droit et en devoir de poser. Qui va piloter ce projet ? Sur quelles bases financières ? Dans le cadre de quel modèle économique ? Avec quel partenariat privé ou public ?

Le maire de Bihorel, devrait écouter avec plus de sagesse son opposition si l’on se réfère à son récent fiasco (non encore soldé) de l’extension du Centre Commercial du Chapitre.

Sur le fond, cette lettre/tract vient confirmer les nombreuses questions qui planent sur l’adoption de ce PLU, sans donner beaucoup de réponses. Elle nous apprend néanmoins (c’est un fait nouveau) qu’aucune construction ne dépassera 2 étages plus les combles. Nous en prenons acte, aujourd’hui, c’est écrit. Notre question initiale sur la justification d’un PLU n’en prend que plus de force. Pourquoi modifier le POS actuel qui aurait permis la réalisation d’un tel projet ?

A quoi sert un PLU, si rien ne doit changer ? 

Nous l’avons dit et répété et continuerons de le répéter. A quoi sert un PLU si rien ne doit changer ? A ce jour ne sont notamment pas incluses dans le projet du PLU, les questions de déplacements pourtant essentielles à Bihorel.

Nous nous interrogeons sur ces intentions et nous continuerons de le faire jusqu’à ce que soit gravé dans le marbre (et non le béton) un PLU qui interdise tout projet délirant. La suite des débats va porter sur les Coefficients d’Occupation des Sols. Un moment de vérité pour le maire qui devra, enfin, tenir un discours clair et s’interdire les phrases toutes faites et les propos empreints d’une compassion feinte.

A sa conclusion sur nos anciens, nos jeunes, nos commerces, et l’évolution de notre ville, nous serions presque tentés de dire au maire de Bihorel, «Monsieur le maire vous n’avez pas le monopole du cœur», presque…

Mensonges et malhonnêteté, non décidément, la pensée et les propos de Monsieur le maire sont un peu courts.

Insultante et diffamatoire, cette verve « morgueuse » n’appellera pas de légitimes réparations car elle déshonore plus qu’elle ne touche.

Et puis préférant la plume à l’épée nous saisissons l’occasion de livrer à la méditation du maire, ce très beau et très profond propos d’Anaïs Nin «A la racine du mensonge, se trouve l’image idéalisée que nous avons de nous-mêmes et que nous souhaitons imposer à autrui».

Espérant que celui-ci, inspirera de bonnes résolutions pour 2009 au maire de Bihorel, tous les élus de «Bihorel avec vous» lui souhaitent, sans mentir et en toute honnêteté, une belle et heureuse année 2009.

Guillaume Avisse, Firouze Djoubri-Michel, Rachel Godot, Martine Laconde, Benoit Pétel, Claude Taleb.