Chroniques # 3 – Conseil Municipal de Bihorel, salle des mariages, 15 décembre 2008Ne ménageons pas le suspense, le débat qui a accompagné le vote d’une motion d’urgence pour que des mesures soient prises par le Préfet afin de limiter le passage des camions dans Bihorel fut, et de loin, le meilleur échange enregistré cette année au Conseil Municipal. Clair, compréhensible et, finalement, fort structurant pour ceux qui doutaient encore des rapports de force politiques au sein de notre ville. Lundi 15 décembre, Pascal Houbron avait 6 opposants : les élus issus de la liste Bihorel avec vous.
Plat de résistance donc de ce conseil municipal, cette motion proposée par Monsieur le maire faisait l’inventaire des différents moyens de réduire la circulation des voitures et des camions le matin vers le tunnel de la Grand-Mare. En gros : tout ce que nous réclamons dans la pétition lancée courant décembre. Mais, et c’est là que le débat s’est épicé, se prononçait également pour la réalisation du contournement Est de l’agglomération de Rouen. Une petite manœuvre, peu élégante, visant à pousser nos élus à voter contre une délibération comprenant des éléments qu’ils approuvaient en partie. Pour mémoire, c’est ce que M. Houbron avait pratiqué lors du vote, au printemps, pour la fermeture de l’école Corneille. Il avait associé à cette délibération un appel pour sauver la 7 ème classe de l’école Larpin. Nous avions voté contre la fermeture de Corneille, ainsi, il était aisé de laisser entendre que la gauche était défavorable au sauvetage de la classe de Larpin. Politique politicienne, niveau première année du « BTS Député Maire », diplôme auquel Monsieur le maire a d’ailleurs été recalé, une première fois, en 2007.
J’ai envie d’ajouter que dans le cas d’une délibération sur la fermeture d’une école, ce procédé fut assez limite, mais quand l’enjeu est d’en finir avec des camions chargés de matières dangereuses qui traversent le Plateau des Provinces plusieurs fois par semaine, nous sommes là, face à une attitude navrante qui – mode Cassandre « on »- finira par user les propres troupes, voire la garde rapprochée, de son auteur, Pascal Houbron - Mode Cassandre « off »-.
Toutefois, en acceptant de soumettre au vote du conseil un « vœu » proposé par les élus de gauche en début de séance, Monsieur le maire a tout de même permis à tous les conseillers de sortir de la séance satisfaits : nos élus ont voté contre la motion parce que, contrairement à la majorité municipale et, ne le cachons pas, à de nombreux élus de gauche de l’agglomération, ils sont opposés à la mise en œuvre du contournement Est, et leur « vœu » pour des bus, des trains mieux cadencés etc. a été adopté à l’unanimité. Sur le coup, je me suis dis qu’à la lumière de cet échange, notre maire à tous venait d’accepter la présence d’une opposition bien documentée à ses côtés. Peut-être, pas loin d’un an après la campagne, a-t-il compris qu’ils nous aura dans les jambes un peu plus de six mois, contrairement à ce qu’il aimait prédire au printemps dernier. Peut-être, surtout, a-t-il reconnu la qualité de l’argumentaire de Benoit Pétel et Claude Taleb, qui, à coups de chiffres et d’exemples bien imagés ont – enfin c’est comme ça que je l’ai observé, mais je ne suis pas dans la tête des gens – injecté de sérieux doutes dans quelques esprits pleins de certitudes.
En effet, et c’est principalement pour cela que nous sommes contre le contournement Est, il est assez facile de démontrer qu’il sera impossible à la collectivité de financer à la fois toutes les mesures en faveur des transports en commun et des déplacements doux (Téor nord-sud, gare à Darnétal, parkings etc.) et ce maudit contournement. Notre logique est celle-ci : prenons le milliard du contournement et investissons-le dans les modes de transport de l’avenir, ceux que tout le monde réclame, en fait.
Au moins, n’aurons-nous pas « contourné » le débat qui a permis de mettre une chose bien en évidence : il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre le contournement Est. Nous avons expliqué pourquoi nous sommes contre, nos contradicteurs, en revanche, ne nous ont pas dit comment ils comptaient le financer, sans priver l’agglomération de Rouen de toutes les infrastructures nécessaires à son développement futur.
Après un exposé sans faille de Benoit, genre Monsieur Smith au sénat de Frank Capra, on a eu droit à une sacrée intervention de Maurice Buisson. Ce dernier était pratiquement d’accord avec les arguments de la gauche, mais tenait tout de même à ce que le contournement Est soit mis en œuvre…(sic)
En fin connaisseur des finances, Maurice sait bien, au fond, que les crédits ne sont plus extensibles dans ce pays où l’Etat se désengage chaque jour un peu plus. Il sait que, dans notre région, ce même Etat a déjà tranché en faveur du contournement Ouest et que si nous réalisons l’Est, il faudra que ce soit les collectivités locales qui le financent intégralement : un milliard d’Euros, minimum ! Il suffit que Laurent, Alain et Didier fassent un petit chèque avec nos comptes communs, bien sûr !…
Il le sait, tout ça, Maurice Buisson… Mais ça ne fait rien, il se maintient pour le contournement, j’ai envie de penser : presque par nostalgie des années des grands travaux, quand l’Etat structurait la France selon des schémas centralisés, carrés ou en étoile, partant de la place du même nom. Des temps Gaullistes, puis Pompidoliens, en faveur du tout routier, du nucléaire, de la bouffe en sachets plastiques, du poisson carré, des réunions Tupperware, de Michel Sardou et des Claudette… Des années où Kraftwerk, visionnaires, jouaient « Autobahn » ou « Radioactivity » tandis que la France des Aoûtiens et des Juillettistes auto-cuisait, dans les 404 immobiles, coincées pare-chocs à pare-chocs sur les routes en direction de l’Espagne, lointain proche, où la dictature pratiquait pour les touristes en mal de soleil la tarification low cost de l’époque… Des années où les écologistes, déjà, ne disaient pas que des conneries, mais les Français ne font pas confiance aux mecs qui portent des sandalettes, et ce depuis Jules César et la bataille d’Alésia.
M. Ravenel l’a rappelé : le schéma directeur qui indique la nécessité de construire le contournement Est date de 1972. Imagine all the people …
La boucle est bouclée, mais il serait tout de même temps de réaliser que ces schémas rétrofuturistes doivent maintenant rejoindre les chef-d’œuvres auxquels nous avons échappé, faute de mécènes.
M. Ravenel, donc, a lui aussi été de sa sentence sur le débat. Vous allez dire que je m’acharne, mais sa position m’a pour le moins totalement sidéré.
Enfin, Jean-Claude Ravenel : l’opposition choisie qui avait promis – et particulièrement sur les sujets touchant à la qualité de vie des Bihorellais – d’être à lui tout seul plus vigilant qu’une cohorte de Socialis’ en mode teigneux ! Monsieur Ravenel, champion toutes catégories de l’écologie, intraitable sur les haies centenaires, inflexible sur les espaces verts, connaissant la flore, donc la violette, ami des hommes, des bêtes et des plantes sauvages. Eh bien, monsieur Ravenel a choisi de voter la motion Houbron. Car, voyez-vous, il faut construire le contournement Est. On aurait dit du Maurice Buisson, mais en mal assumé.
Bref, ainsi va la démocratie, ce choix de Monsieur Ravenel n’a posé aucun souci technique et le débat, vraiment, fut de qualité. Mais, pervers que je suis, au moment du vote, ce n’est pas monsieur Ravenel que je regardais (j’avais compris qu’il voterait avec la majorité dès sa première intervention), non, ce sont quelques-uns de ses amis que j’ai observés tout en les dessinant sur mon carnet. Eux, ne le comprenaient pas. C’était la stupeur, le truc improbable, le premier choc pétrolier, la défaite de Chaban Delmas, le Watergate, le plan Barre, les diamants de Bokassa, l’élection de Mitterrand, la relance par la consommation, la rigueur… Pas encore Tchernobyl, mais le mandat ne fait que commencer.
F. Duval.
Victor
20 mai 2009 à 13:49
C’est donc vous qui aviez laissé cette photo dans Le Monde au Balcon :
http://picasaweb.google.com/JN.DVD.MRVN.2008/LeMondeAuBalcon#5287097458724129842
Je vous laisse découvrir la mienne :
http://picasaweb.google.com/JN.DVD.MRVN.2008/LeMondeAuBalcon#5288979261184912642
(désolé d’être totalement Hors-Sujet)
Fred Duval
21 mai 2009 à 16:03
Ah, très bien !
Vous avez d’ailleurs plus respecté le cahier des charges que moi ! Jean-David était au japon à ce moment là et vu que j’avais cette image marante de Jigoro-kano très rétrofuturiste, je me suis dit qu’on n’était pas à 300 mètres près
F Bouygues
22 mai 2009 à 08:14
Effectivement président Duval pour que vous puissiez continuer de photographier Jigoro-Kano depuis votre balcon, il faut rejeter le P.L.U!!!
Président Duval
22 mai 2009 à 09:02
Au contraire : étant donné que je viens d’investir dans un 70-200 et un doubleur 2X, cela me donne une capacité de 640 mm ! Avec un beau PLU sans cos, je pourrai(s) peut-être monter d’un demi étage et alors là, ce serait plus que jouable ! Oui, au PLU, mon cher Francis, oui au PLU.