
Signe de l’intérêt, bien légitime, de la population pour l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme (PLU), cette assistance nombreuse était venue chercher un certain nombre de réponses…
Les interrogations étaient en effet d’autant plus vives qu’elles n’avaient donné lieu à aucun éclaircissement véritable lors de la précédente réunion publique tenue en octobre 2007, pendant la phase de diagnostic (*).
Par ailleurs, les documents remis à notre élue membre de la commission Urbanisme, Martine Laconde, énumération de généralités et de vœux pieux, n’avaient pas été d’un plus grand secours (cf. son billet du 08 novembre 2008).
Nous avions également, en tant qu’élus, été conviés à une « Commission générale » lundi 10 novembre, dont l’ordre du jour, « Synthèse des groupes de travail et présentation du PADD avant la réunion publique du 14 novembre 2008», ne manquait pas de susciter notre intérêt. Là encore, loin d’y obtenir des précisions sur les objectifs recherchés dans l’élaboration du PLU, nous dûmes rapidement nous résoudre à demeurer dans le flou le plus total. Le but de cette réunion devait finalement nous apparaître lors de sa conclusion par le Maire : il demanda aux élus de l’opposition de bien vouloir rester silencieux lors de la réunion publique 4 jours plus tard…
4 jours plus tard donc, ce 14 novembre, quels furent les éléments d’information apportés ?
Comme à son habitude, le Maire affirma tout et son contraire, délivrant, parfois avec un agacement non dissimulé, un discours à géométrie variable au gré des questions posées par les habitants et, ne lui en déplaise, par les élus d’opposition.
Tantôt, les acquisitions et préemptions étaient « neutres pour les finances de la commune », tantôt il était « évident qu’elles représenteraient un coût important »… Le niveau de population souhaitée, hier de 10 000, était désormais de 9 000 habitants… D’une minute à l’autre, d’une phrase à l’autre, les opérations immobilières étaient confiées à un promoteur immobilier, puis réalisées directement par la ville ou en partenariat avec un office HLM, comme si, en fonction de l’option choisie, l’économie des projets ne s’en trouvait pas bouleversée…
En réalité, avançant masqué, le Maire ne dévoile ses intentions qu’en filigrane : maintien de la population à un niveau de 9 000 habitants par la construction d’un nombre important de logements au sein de 5 îlots (place de l’Eglise, autour de la Poste, rue de l’Argilière, centre commercial du Chapitre et quartier Corneille).
En revanche, point de ce prétendu renouvellement urbain maîtrisé, sauf dans le discours…
En effet, sur quelle étude sérieuse de l’évolution démographique de Bihorel reposent ces intentions ?
Aucune analyse dynamique sur une longue période et détaillée par quartier n’a été effectuée. Elle aurait permis de mettre en lumière les cycles et le renouvellement naturel que connait la population de Bihorel, comme celle de toute ville, en particulier sur un quartier comme celui du Plateau des Provinces.
Les acquisitions et préemptions portées par l’EPFN (Etablissement Public Foncier de Normandie) devront tôt ou tard (les conventions de portage ont en règle générale une durée de 5 ou 7 ans) être rachetées par la commune.
Comment la commune assumera-t-elle alors les centaines de milliers d’euros que représentent ces opérations avant même que les moindres travaux d’aménagement des terrains ou de construction n’aient été envisagés ?
Quel promoteur, quel office HLM acceptera de lancer un programme sachant que le Maire prétend vouloir limiter les surfaces et les hauteurs, donc le nombre de logements possibles, rendant ainsi plus qu’aléatoire la rentabilité de toute opération ?
Nous avions déjà pointé du doigt l’absence d’analyse des flux de circulation, notamment de transit, lors de la phase de diagnostic. Tout à fait logiquement, d’une certaine manière, rien n’est prévu dans le PADD à ce propos… Lorsque la question lui est posée, le Maire renvoie la balle à l’Agglo, dont on rappellera qu’il est vice-président… Or, comment peut-il rechercher un accroissement de la population en négligeant la question, déjà sensible aujourd’hui, des déplacements sur Bihorel ?
L’assistance nombreuse a-t-elle obtenu les réponses qu’elle attendait ? Une fois de plus, force est de constater que non.
Guillaume AVISSE.
(*) Rappelons ici que l’élaboration d’un PLU se divise en plusieurs phases : le diagnostic – le Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) – le PLU proprement dit. Conformément à la loi, chaque phase doit être menée en toute transparence et en concertation avec la population.
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