Depuis déjà plusieurs semaines, je participe en votre nom au groupe de travail P.L.U. Après presque 3 ans de stagnation (alors que ce type de dossier est en général réalisé dans sa totalité en 2 ans et demi ou 3 ans), la majorité nouvellement reconduite dans ses fonctions semble avoir décidé de mettre les bouchées doubles pour finir ce P.L.U.
La phase Diagnostic vous a été présentée en novembre 2007 en réunion publique. Nous travaillons maintenant sur la deuxième partie : le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (P.A.D.D.).
Le P.A.D.D constitue la clé de voûte du Plan Local d’urbanisme dans la mesure où il exprime le projet de la commune et concerne la totalité du territoire. L’introduction de ce document P.A.D.D dans les P.L.U (qui n’existait pas dans les anciens P.O.S) traduit la volonté du législateur de voir la planification urbaine locale passer d’une démarche jusqu’alors essentiellement réglementaire à une démarche de projet.
Une consigne, compréhensible, nous a été donnée de ne pas trop divulguer un document P.A.D.D encore à l’étude.
Je ne vous dirai donc pas tout, un peu de suspense ne nuit pas ! Pourtant, les grandes orientations de ce futur document sont écrites noir sur blanc dans le dernier Bihorel Mag.
Le P.A.D.D est un document important car il définit les orientations générales d’aménagement et d’urbanisme retenues pour l’ensemble de la commune, notamment en vue de favoriser le renouvellement urbain et de préserver la qualité architecturale et l’environnement. Il permet d’exprimer les projets que la commune souhaite engager pour les 10 prochaines années.
Il assure une réflexion approfondie et globale sur le projet communal et permet ainsi plus de cohérence dans les documents graphiques du zonage et du règlement qui sont ensuite mis en œuvre.
Il sert de support à un débat, sans vote, en conseil municipal entre tous les acteurs. Il doit être lisible et accessible à tous les habitants.
Le P.A.D.D, tel qu’il nous est proposé aujourd’hui en groupe de travail, est un document à la fois trop généraliste et trop précis.
Les trois grandes orientations, que vous pouvez déjà connaitre grâce au bulletin municipal, sont développées mais on ne voit pas bien en quoi ces grandes formules généralistes nous touchent dans notre vie de tous les jours.
Quel est le rapport avec les réalités de notre commune ? Sorte de copier-coller, ce document pourrait s’appliquer à n’importe quelle commune tellement il énonce de grandes incantations et de vœux pieux.
Le bureau d’études chargé de l’élaboration du P.A.D.D nous présente ensuite des schémas d’aménagements sur trois grands secteurs de la ville, je vous laisse deviner lesquels. Ces images, à l’opposé des grandes orientations, sont précises et dessinées, « afin de susciter le débat » nous dit-on.
Ces schémas nous apportent des réponses partielles ou plutôt confirment des choses que nous avions pressenties l’hiver dernier. Il sera maintenant difficile à Monsieur le Maire, comme il le faisait encore en novembre dernier en présentant le diagnostic, de dire qu’il n’y a pas de projet.
Le centre bourg est complètement redessiné, la nouveauté réside dans le fait que les aménagements et les constructions proposées s’étendent jusqu’à la Grange, sans cependant intégrer le centre Gascard. Dommage, nous sommes passés très près de notre proposition d’un triangle aménagé pour affirmer un centre bourg à l’échelle de la commune.
Les propositions pour le Plateau des Provinces, nous interpellent tant elles rappellent notre programme de campagne : requalification d’entrées de ville, liaison parc-quartier, aménagement d’espaces publics… Autant de propositions que nous avons portées.
Là où les choses auraient pu devenir intéressantes, c’est si on nous disait comment et avec quels moyens, la collectivité entend mener cette énergique politique d’aménagement et de valorisation du quartier. Toutes les propositions, et c’est normal, reposent sur une intervention publique forte. Comment ne pas craindre qu’on en reste à des vœux pieux puisque pratiquement tous ces aménagements étaient déjà prévus dans le précédent P.O.S.
Malgré l’affirmation d’un P.L.U dans lequel « aucun quartier ne sera relégué au second plan », le quartier du Chapitre apparaît clairement comme le parent pauvre de ce document. On a un peu le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire au Chapitre, ou si peu.
Malgré la précision des schémas, beaucoup de questions restent cependant posées. Même le P.A.D.D, qui doit être accessible à tous, ne parvient pas à nous indiquer clairement quelle politique urbaine la collectivité entend mener pour les 10 ans à venir. Ce qui nous est montré, c’est avant tout une urbanisation des derniers espaces disponibles de Bihorel. Mais tout ça pouvait très bien être réalisé avec l’ancien P.O.S. Alors, malgré le titre de l’article de Bihorel Mag, je me pose toujours la question : un P.L.U pour quoi faire ?
De plus, quelques soient les questions, critiques, propositions que l’opposition, c’est-à-dire les adhérents de l’association du C.C.V.P.N et moi-même (les membres de la majorité n’ont apparemment rien à dire) peut formuler, aucune évolution n’est envisagée depuis que nous nous rencontrons dans ce groupe de travail. Comment influer sur ce document essentiel pour la commune, avant que le bureau d’études ne propose le règlement et le zonage ?
Martine Laconde.
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