Il se dit que les maires de Rouen et Sotteville, les Présidents des collectivités, Agglomération, Département, Région… auraient uni leurs plumes pour plaider auprès du Ministre de l’Ecologie, Jean Louis Borloo, pour la réalisation du contournement routier est de Rouen !?
En juin dernier, le Ministre Borloo a annoncé l’abandon des projets de contournement routier des villes de Toulouse et Bordeaux avec des arguments que j’invite à méditer :
” En effet ces projets ne correspondent plus aux nouveaux enjeux de développement durable. Ils privilégient la mobilité automobile, dans un contexte de pétrole cher et non renouvelable, l’utilisation non raisonnée de l’espace, notamment par l’étalement urbain préjudiciable à la biodiversité…”
Si ce projet du siècle dernier redevient d’actualité dans les prochains mois, nul doute qu’il donnera naissance à une controverse nouvelle.
Il y a longtemps que les Verts dénoncent un projet conçu il y a 30 ans, avant l’étalement urbain qui a considérablement repoussé les limites de l’Agglomération.
D’abord parce que l’hypothèse, alors évoquée, d’une liaison A28-A13 éloignée de l’Agglo et destinée à relier ces 2 autoroutes fait de nouveau place au tracé le plus proche et le plus dommageable pour l’environnement et pour les habitants.
Mais surtout parce que la donne écologique et la donne économique ont changé :
Chacun mesure l’absolue nécessité de réduire et les émissions de gaz à effet de serre et les émissions polluantes liées au trafic routier.
Chacun sait que le baril de pétrole qui s’échangeait alors à 35 dollars est aujourd’hui à 140 et que le temps du pétrole abondant et bon marché est définitivement révolu.
Tout le monde est invité en permanence à tirer les conséquences d’un argent public désormais compté.
Il est par conséquent difficile de comprendre qu’on nous propose d’endetter nos collectivités pour engloutir plusieurs centaines de millions d’€uros dans une infrastructure destinée à faciliter les déplacements routiers !
Les avocats du contournement justifient ce choix avec des arguments qui varient mais sont tous faux:
- Il ne décongestionnera pas les axes routiers en écartant le trafic de transit : celui ci est une infime part du total (2%) et il faut craindre que les routiers qui évitent aujourd’hui l’A29 pour ne pas payer le péage et s’accumulent dans le tunnel de la Grand mare refuseront demain de payer le péage du contournement !
- Les camions qui viennent dans l’Agglo vont au Port… ils continueront.
- Quant aux déplacements domicile-travail qui constituent en réalité la véritable cause des congestions et encombrements, ils ne sont pas solubles dans le contournement !
Aujourd’hui de très nombreux habitants, des entreprises, s’engagent pour faciliter l’utilisation de solutions alternatives à la voiture individuelle. Et ça commence à marcher : le TER a connu une hausse de fréquentation de 9 % ces 3 derniers mois, les transports publics urbains sont de plus en plus fréquentés, les cyclistes sont de plus en plus nombreux, les candidats au co voiturage se multiplient, des projets d’autopartage se font connaitre.
Les visiteurs de l’Armada prennent chaque jour du plaisir à évoluer sur la Seine grâce aux vedettes de visite. On se prend à rêver demain de navettes fluviales permanentes. Tous ces modes de déplacements sont infiniment plus adaptés à nos modes de vie, moins accidentogènes, plus propres, moins stressants.
Le contournement n’apportera aucun soulagement à tous ceux qui angoissent déjà devant l’augmentation mensuelle de leur facture pétrolière.
A quoi bon construire une route grande vitesse à péage si la plupart des habitants n’ont plus les moyens de faire le plein ?
On ne financera pas tout et le contraire: le contournement… et de nouvelles lignes TEOR en site propre (de la plaine de la Ronce au Madrillet, sur les plateaux est jusqu’à Boos)… et une nouvelle gare rive gauche et des lignes ferroviaires cadencées depuis Serqueux, Barentin, Elbeuf… et des aires de covoiturage, et des parkings relais… et des services vélos… et des navettes fluviales !
Le coût de la construction du contournement est évalué, selon les prévisions à 500 ou 600 millions d’€uros, à comparer avec le coût moyen d’une ligne TEOR… environ 20 millions, qui permet d’en concevoir plusieurs !
Le débat lancinant sur le contournement ne nous a pas seulement divisés depuis des années, il nous a empêchés de penser l’avenir de façon responsable, écologiquement et économiquement.
Un contournement ouest existera dans quelques jours dès que le Pont Flaubert sera en service.
Mobilisons nos imaginations et nos sous pour créer les conditions de la mobilité durable pour demain !
sas corinne
28 July 2008 à 11:47 am
bonjour
J’habite im Morvan à Bihorel;les nuits de déviation je vous invite, à partir de 20 h, dans mon appartement… 2% de camions en transit?
Je suis heureuse de voir se redevelopper le trafic fluvial sur la Seine, j’encourage mes proches et mes collègues à prendre les transports en commun et je pense que nous devons individuellement changer nos comportements,mais il me semble qu’un contournement de Rouen et impératif et évidemment à force de reculer les projets sont toujours caduques.
Les couillons de l’histoire se sont toujours les gens aux revenus modestes qui n’ont pas les moyens d’avoir un pavillon en grande banlieue, deux voitures ….
J’invite tous les biens penseurs, ministre, élus de bihorel(tous partis politiques) à un pot de “l’amitié” un jour de déviation;on invitera les routiers et si c’est au mois d’Août les touristes en transit (caravanes et camping-cars)
Cordialement
loic Lucas
30 July 2008 à 9:50 am
Bonjour.
Je pense que vous avez mal compris le sens de l’article de Claude Taleb. Habitant également dans l’immeuble Morvan, je suis concerné par ces nuisances que constituent les camions non seulement les nuit d’entretien du tunnel mais aussi tous les matins travaillés. Une chose est certaine : Claude Taleb n’a jamais minimisé le problème des poids-lourd sur le Plateau des Provinces. Il constate simplement que le contournement est n’est pas la solution à ce problème. 2% des camions sont en transit. Ceci signifie simplement que 98% restent dans l’agglomération et ne n’auront aucun intérêt à emprunter le contournement est.
claude taleb
31 July 2008 à 6:23 pm
Bonjour Corinne,
Je vous remercie d’apporter votre contribution à ce débat si difficile mais si nécessaire.
Je comprends parfaitement et partage le mécontentement et la colère des habitants contraints de supporter les nuisances et les risque liés à la circulation des poids lourds à l’heure où les enfants vont à l’école ou les nuits de travaux dans le tunnel.
Les embouteillages sont d’ailleurs, j’insiste sur ce point, le lot quotidien, non seulement des personnes qui habitent sur les plateaux nord ou plus au nord (Pays de Bray…), mais aussi de toutes celles qui demeurent dans le Pays de Caux ou sur les plateaux Est de Rouen, et qui viennent chaque jour au travail dans l’Agglomération.
Croyez le, automobiliste ou riverain (ou les deux), à l’approche du Mont Riboudet et tout au long de la route de Boos, ce n’est pas gai non plus tous les matins.
A cause des camions?
A cause surtout du trop grand nombre de déplacements en automobile aux heures de bureau et d’école!
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème de circulation et de dangers (ô combien!) liés à la circulation de poids lourds au coeur de Bihorel ou sur les quais de Rouen, mais cela veut dire qu’il n’y a pas un mais plusieurs problèmes, et qu’il n’y pas une solution magique, en l’espèce, le contournement EST.
Sur ce point je vous fais observer que les « biens pensants » sont d’ailleurs plutôt de votre avis : voilà des années (des décennies!) que de très nombreux élus de notre secteur, par exemple des maires de Bihorel, de Bois Guillaume, d’Isneauville, en accord avec la majorité de leurs collègues de l’Agglomération, toutes tendances confondues, sont pour le contournement EST.
Peut être pourront ils vous expliquer pourquoi cette solution si unanimement prônée en guise de réponse aux protestations des habitants, n’a pas vu le début d’une concrétisation.
Je me contenterai de souligner que ce sont les mêmes qui ont laissé construire toujours plus de nouveaux lotissements au delà de la rocade ou ont décidé de créer la future ZAC de la Ronce sans prévoir les lignes de transport en commun (TEOR en site propres) sans lesquelles de nouvelles voitures, chaque matin, s’ajoutent au bouchon du tunnel de la grand mare!
Pour tout ce trafic, le contournement EST n’est d’aucun secours.
Ce qui manque, ce qui devrait mobiliser l’argent public, c’est la modernisation du train Serqueux – Rouen, c’est la multiplication des liaisons bus et Teor, des pistes cyclables et des services vélos, c’est la multiplication des plans déplacement d’entreprises et la baisse des tarifs du transport public, c’est le co-voiturage…
Reste les camions? il est exact que ceux qui traversent l’agglo sans s’y arrêter ne représentent que 1,7 % des 600 ou 700 000 véhicules qui se déplacent chaque jour dans l’Agglomération.
Certains, seraient sans doute concernés par un contournement.
Pas tous, car celui ci, ne pourra être financé sans péage.
Or, vous savez peut être qu’une partie des camions détournés dans Bihorel prennent le tunnel de la Grand mare pour ne pas payer le péage de l’A 29! On peut donc parier que les mêmes causes produisent demain les mêmes effets.
Les autres poids lourds, la majorité, se rendent sur le Port de Rouen et sur des zones d’activité et continueront à la faire.
Un mot enfin du contexte. Ce contournement, s’il est mis en chantier, sera payé avec l’argent des contribuables. Notre époque est celle du réchauffement climatique, de la crise de l’énergie et d’une crise financière, qui liées.
Qui peut dire ce que sera le prix du litre de gazole à l’achèvement du chantier?
Qui peut croire que les entreprises qui utilisent la route pour transporter des marchandises ne se seront pas d’ici là réorganisées pour faire autrement et réduire les déplacements au strict nécessaire?
Le gâchis d’argent public risque de de s’ajouter au risque écologique.
Limiter les émissions de gaz à effet de serre et de gaz polluants, protéger les captages d’eau et les espaces boisés de l’est de Rouen, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité de santé publique.
Je pense en ce qui me concerne que la responsabilité conjointe des élus et des citoyens, je ne fais aucune différence, c’est d’anticiper, de ne pas toujours chercher dans le passé les solutions pour l’avenir. Singulièrement au moment où nous voyons que nous allons dans le mur.
Au plaisir de reprendre cette conversation « de visu » avec tous les bihorellais qui en ont assez de subir les effets secondaires des imprévoyances du passé!
Constantin Dragasès
4 September 2008 à 9:10 pm
Impayable Monsieur Taleb!
Je ne me souviens plus quel « fanzine » crypto stalinien ou archéo trotskyste, il vendait voilà une ou deux décennies le dimanche matin, sur le Clos Saint Marc.
Peu me chaut, comme disait Jean Pierre.
Ecologiste par opportunisme ou par arrivisme (les deux mon capitaine?) en tous cas Bihorellais virtuel, son subconscient n’a toujours pas accepté son statut d’élu de la majorité régionale. Son discours sur ce blog ou dans le numéro 1 du Silex reste figé dans celui de l’éternel opposant.
Mon cher, l’heure n’est plus à psalmodier vos litanies : teor, parkings relais, pistes cyclables, trains cadencés et j’en passe.
Vous êtes un élu de la majorité socialiste vert, vice Président du Conseil Régional de Haute Normandie, collectivité qui, nous sommes d’accord, peut financer tous ces beaux projets.
Vous un décideur: alors au boulot !
Les citoyens jugeront vos résultats à l’aune de vos paroles qui faute d’être gravées dans le marbre resteront dans le Silex.
Constantin Dragasès