Voici un numéro “théma”, le premier, il est consacré aux moyens de communication électroniques. A l’heure où monsieur le maire nous prive des colonnes papier du journal municipal de Bihorel, il nous semble utile de vous livrer quelques réflexions sur ces nouveaux supports.
Internet
Les nouveaux moyens de communication. Nous ne sommes plus seuls. Fesses de bouc, ou un truc comme ça. Parfois, c’est compliqué. Il faut s’exprimer par phrases courtes. Hachées. Une idée par phrase. Le siècle 21 sera un résumé pré-mâché des 20 précédents ou rien. Avant de nous convertir définitivement au langage SMS, et après quelques discussions informelles ou plus formelles, ces dernières semaines, voici une présentation de quelques vessies et d’autant de lanternes, afin de ne pas tout confondre. Le débat est ouvert à vos commentaires !
Blog
C’est un lieu public, où une personne, un groupe, une association communiquent à travers des textes et des illustrations, dessins, photographies. Son contenu est offert au monde, les propos et les images qui y sont diffusés sont donc publics et l’auteur du blog en est responsable, dans certains cas, son hébergeur l’est aussi, mais n’entrons pas dans les détails : notre blog est un endroit ouvert à tous et le maire de Bihorel peut venir s’y rincer l’œil, s’y repaître de nos billets, à sa guise, c’est fait pour ça.
Commentaires
Le blog comporte une fonction « commentaire » qui invite l’internaute de passage à laisser un avis, à poser une question, voire à interpeller l’auteur d’un billet. Nous recevons régulièrement, sur notre blog, la contribution caustique de Constantin Dragasès, un Bihorellais sous pseudonyme qui nous titille, et – reconnaissons-le – à qui nous le rendons bien.
Pseudo
L’identité de Constantin dans la vie n’est pas connue des membres de l’association « Bihorel avec vous ». À titre personnel, je précise que je m’en moque comme de mon premier Amstrad (celui où les jeux étaient enregistrés sur cassettes audio). Ce qui est intéressant, c’est l’échange sur le support donné où la notion d’anonymat ne doit pas systématiquement être assimilée à la lâcheté. Constantin Dragasès n’utilise pas un pseudo pour dénoncer des gens aux autorités, c’est un Bihorellais qui discute sur l’internet par le biais d’un avatar et d’un style d’écriture en adéquation avec ce personnage virtuel, ce qui est son droit le plus strict. Pour moi, cet anonymat ne lui donne aucun avantage pour argumenter et c’est à lui de décider du jour et de l’endroit où il le lèvera si d’ailleurs il le juge utile. En attendant, nous ne sommes pas souvent d’accord, il peut même objectivement énerver les troupes, mais voilà, c’est un contradicteur et jamais – sauf s’il tenait des propos qui pourraient être sanctionnés par la loi française - il ne sera censuré ou indésirable sur ce blog. A partir du moment où nous acceptons la discussion avec cet avatar, nous le prenons tel quel au simple titre qu’on ne choisit pas ses contradicteurs. N’oublions pas que le pseudonyme est parfois au service de la plus délicieuse démarche subversive : sous le nom d’Émile Ajar, l’immense Romain Gary gagnait le Goncourt une seconde fois, dynamitant ainsi les raideurs amidonnées des règles de l’establishment. Le pseudo peut tout simplement permettre à une personne physique à qui son activité professionnelle impose un devoir de réserve, de s’exprimer publiquement sur le web, dans un journal, dans un livre, en toute quiétude.
La règle que nous avons proposée aux membres fondateurs de « Bihorel avec vous » est la suivante : sur le blog, ceux qui produisent des billets (des articles) les signent de leur nom ou de celui de leur groupe de travail. Certains billets seront également signés collectivement au nom de l’association. Dans les commentaires : pas de règle, les pseudos sont les bienvenus. Si un jour une personne nous propose un billet intéressant qui nécessite la prise d’un pseudo, cela ne posera aucun problème
Archives et émergence
Les forums ont cet avantage : ils laissent des traces écrites, les gens peuvent lire les échanges d’un bloc ou au fur et à mesure, revenir sur des propos anciens, suivre l’évolution d’un contributeur, relever ses contradictions, remarquer au final que les seuls qui ne se contredisent jamais sont ceux qui ne s’expriment pas, bref, les lecteurs se font leur opinion après avoir suivi, pesé, lu, relu, un échange d’arguments entre des personnes. Nous sommes ici aux antipodes du débat télévisé ou autre match de catch cathodique aussitôt vu aussitôt jeté en attente de l’analyse stéréotypée de « ceux qui savent »… Autre particularité du forum, et le candidat Pascal Houbron en a abusé durant la campagne : l’interpellé n’est pas obligé de répondre aux questions ou aux vannes. Chaque contributeur dispose du temps à sa guise. Le lecteur anonyme, le lurkeur en langage de spécialiste, ne jugera pas forcément l’échange sur la promptitude des débatteurs à s’envoyer des piques, mais bien sur la qualité, l’humour, la richesse de l’argumentation. Le sens de la repartie, oui, mais dans un temps qui n’est pas celui de la vanne télévisuelle, tranche 18 – 20 heures… Enfin, le lecteur assidu se fera également une idée globale de la qualité du discours tenu dans l’ensemble des billets et des commentaires. Cette intelligence collective qui ressort des contributions de type forum est appelée émergence.
L’e-mail est un courrier. Électronique, certes, mais un courrier. Cela signifie qu’une fois qu’un e-mail est envoyé par un émetteur vers un destinataire (ou plusieurs destinataires avec le jeu des listes d’envoi) aucun moyen de recherche sur Internet, type Google pour citer le plus célèbre des moteurs de recherche, ne peut détecter ce courrier et permettre à Pascal Houbron d’y accéder. Ce courrier restera dans les disques durs de l’émetteur et des récepteurs, point barre. La seule manière pour Pascal Houbron de lire un e-mail envoyé, par exemple, par votre serviteur, c’est que moi-même ou un de mes destinataires le lui fassions suivre. En ce qui me concerne, je précise que je n’ai pas l’adresse e-mail de monsieur le maire. Bref, l’e-mail n’est pas un lieu public. Si une personne qui reçoit nos e-mails s’amuse à les faire suivre à une autre personne, cela engage sa responsabilité, ou plutôt son irresponsabilité.
Certains e-mail sont appelés « lettre d’information ». On peut s’inscrire – y compris en utilisant un pseudo- pour recevoir ces lettres depuis des sites internet. Ce n’est pas le cas de l’Electro Hebdo dont les abonnés sont des gens qui ont accepté « physiquement » de recevoir les e-mails durant la campagne électorale. L’Electro Hebdo, qui vous est envoyé depuis le mois de décembre, a toujours fonctionné sous la forme d’un courrier de Frédéric Duval envoyé à des connaissances, son contenu n’est pas public tant qu’il n’est pas reproduit sur le blog, généralement deux jours plus tard. Au départ, c’était juste un petit message du dimanche soir destiné aux membres de la listes « Bihorel avec vous » et à quelques amis. Durant la campagne il s’est étoffé et la liste de diffusion également, à mesure des rencontres avec des sympathisants. Dans les dernières semaines de la campagne, il était, en plus, envoyé à quelques représentants politiques de gauche et à quelques journalistes. Une fois la campagne terminée, nous avons retiré de la liste d’envoi les journalistes (sauf ceux qui vivent à Bihorel et nous connaissent bien) et les représentants politiques. Cette liste est donc une liste privée qui sert à nous donner des infos entre – disons-le clairement – sympathisants de gauche. Je ne pense pas que monsieur le maire de Bihorel lise mes e-mails. Si c’est le cas, je le répète, quelqu’un les lui fait suivre et c’est de la malversation. En revanche, 90 % de ce que nos amis reçoivent dans les e-mails estampillés Electro Hebdo est ensuite publié sur le blog, mais nous avons toujours veillé à élaguer les informations qui n’ont rien à faire sur un site public.
Voilà, ces petites précisions d’usage nous ont semblé nécessaires pour que tout le monde sache bien de quoi il retourne avec ces courriers électroniques et ce blog. La confusion pouvant entraîner parfois des incompréhensions regrettables. Surtout, il est important de préciser que si nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur, nous sommes des gens conscients et respectueux des domaines privé et public. À ce titre, durant la campagne, aucune demande de rectification ou droit de réponse ne nous a été signifiée.
J’espère que ces mises au point – qui seront mises en ligne intégralement sur le blog afin, justement, que tout le monde puisse bien en profiter - ne vous auront pas trop ennuyé, mais il est vrai que nous n’avons jamais pris le temps de bien nous expliquer sur ces notions.
Pour conclure, j’insiste sur la peur inutile qui entoure parfois Internet : oui, on peut faire suivre un e-mail, mais de la même manière qu’on peut photocopier une lettre manuscrite et la faire suivre à une tierce personne ! Et ce, de manière beaucoup plus anonyme d’ailleurs que sur le net, si on utilise des gants. Attention tout de même que « les experts Bihorel » ne trouvent pas un nanogramme de rognure d’ongle sur la dite photocopie, c’est hyper parlant, une rognure d’ongle, pratiquement plus qu’un poil de fesse de bouc.
Ces pratiques, qu’on peut assimiler à la dénonciation, ont toujours existé, avec des pics de forme dans certaines périodes, mais elles prospèrent aussi beaucoup dans l’imaginaire collectif et appartiennent souvent au domaine dit de la « légende urbaine ».
Pour conclure, monsieur le maire, si toutefois tu nous lis, sache que j’ai toujours une photo de Pétel, Fabius et Rocard sur moi quand je vais chercher mes enfants à l’école, c’est une stratégie sur le très long terme mais qui, j’en suis certain, finira par payer car je les échange aux enfants contre des doubles de Pokemons. Cette dernière phrase, ne sera, bien entendu, pas publiée sur le blog… Car monsieur le maire ne doit pas savoir…
F. Duval
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