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En attendant Constantin…

Le vendredi 16 mai 2008 est née l’association « Bihorel avec vous ». Nous étions un peu plus de trente Bihorellais, tout juste remis de la gueule de bois du lundi, combien, déjà ? Enfin c’était en mars et, il faut le reconnaître, nous avons tous connu de meilleurs lundis, sans ce goût de rat mort dans la bouche… C’est du moins l’idée que je m’en fais, car les rats, comme les grands-mères, je ne les mange que lorsqu’ils sont encore vivants, c’est plus tendre. Mais, n’en déplaise aux immenses démocrates qui ont mis en exergue nos rituels culinaires pour les recycler en argument de campagne, nous avions frôlé la victoire, et la défaite n’en était que plus indigeste. Définitivement, ce que mangent les gens devrait rester dans la sphère privée.

 

Gueule de bois, donc, en ce remarquable lundi (a+b)2 mars.

Pourtant, dans notre absolu démocratique, une défaite électorale ne devrait engendrer ni tristesse, ni désolation ni envie de voler des filets garnis… Perdre, finalement, est un droit chèrement acquis que nous devrons peut être, un petit soir, défendre, comme tout le reste, en battant de l’asphalte mal entretenu. Je m’étais fixé une contrainte quasi oulipienne en démarrant cette chronique : ne jamais citer le nom de notre Président de la République Française ; je constate que je suis déjà à quelques touches de l’échec cuisant, mais je m’accroche. Perdre, donc, mais sans tristesse car, non seulement l’exercice démocratique est nourrissant comme une belle brochette de muridés bien dodus, mais surtout : nous sommes en vie et, chaque jour, plus nombreux ! Le petit Yanis Djoubri-Michel du haut de ses 50 centimètres et fort de ses 3,410 kg ne nous contredira pas, du moins, pas encore… Attention, tout de même, Yanis : en naissant un 21 avril, quelques « gauchistes » qui votèrent contrariés, il y a 6 ans, pourraient voir en cette date l’expression de ta toute première provocation !…

Nous étions donc une tablée de gastronomes et nous avons fondé une association aux objets multiples, ambitieux et – nous l’espérons – conviviaux.

Réfléchir en mangeant de bonnes choses ne sera pas qu’un simple projet, mais un véritable mode de vie. Venez nombreux. Adhérez. 10 euros.

Ce vendredi 16 mai, nous étions une majorité, parmi les membres fondateurs, à être issus de la liste qui s’est présentée, cet hiver, au suffrage des Bihorellais. Logique. Nos six élus se sont retrouvés membres du Conseil d’Administration, 11 autres personnes les ont rejoints et se sont réparti les diverses responsabilités, la présidence, la trésorerie, le secrétariat, ainsi que la direction de différents groupes de travail. Quelques personnes, séduites par la campagne ou simplement désireuses de s’impliquer dans la vie associative nous ont rejoints. Saluons notre secrétaire, Jean-Christophe Chatelain, qui s’est levé un matin, transpirant et hurlant : « deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche ! »… Bienvenue, Jean-Christophe.
Un résumé de tout cela se trouvera bientôt en ligne, quant aux thèmes ils évolueront en fonction de celles et ceux qui souhaiteront durablement s’impliquer dans le laboratoire. Le problème n’est pas là. Ah, oui, je n’ai pas encore pris le temps de vous exposer le problème. C’est une erreur basique car fixer l’enjeu, dès les premières lignes, permet naturellement de ferrer le lecteur, de le tenir en haleine, cerveau disponible, coca cola décapsulé, jusqu’à la délivrance du message principal. Par exemple : dans six ans votez pour nous et les colis confisqués aux grands-mères seront équitablement répartis dans l’ensemble des foyers bihorellais de gauche par des commissaires politiques issus du monde associatif. Ou autre.

L’enjeu, donc, lié à la création de cette association sera d’y rencontrer la population bihorellaise dans sa diversité idéologique, ceux qui nous ont fait confiance cette année, ceux qui ont préféré reconduire monsieur le Maire dans ses responsabilités et surtout tous ceux qui ne se sont pas déplacés.

 Il faudra aussi aller à la rencontre des électeurs de monsieur Ravenel… Tiens, au fait, nous avions esquissé des promesses de rendez-vous au cours la dernière semaine de campagne, quand nous avions découvert, effrayés, que l’opposition pouvaient être un choix plutôt qu’un droit chèrement acquis… J’ai recroisé peu de colistiers de monsieur Ravenel depuis la défaite. Maintenant que me voilà Président de l’association “Bihorel avec vous”, je vais avoir les coudées franches pour aller discuter « opposition choisie » avec qui le souhaitera. Ah, zut, je n’avais pas encore écrit que j’ai, vendredi soir, été élu Président de l’association Bihorel avec vous. Décidément, il était dit que rien ne fonctionnerait correctement dans cette chronique. En tant que Président, je ne promets pas de publier un bilan de santé régulier, mais je m’engage à éditer un bilan annuel de nos observations de l’action communale. C’est plus réaliste. Ce document, nous le distribuerons à l’ensemble de la population. Nous le compléterons de propositions allant, selon nous, dans l’intérêt de la commune. Nous y compilerons nos articles publiés durant l’année sur notre blog. Le blog, donc, dont l’adresse reste inchangée et où nous invitons le maximum de Bihorellais à venir s’exprimer. Comme au plus beau temps de la campagne où nous croisions le fer avec Pascal Houbron sur son propre Blog et avec quelque guerrier byzantin en quête d’absolu sur le nôtre, Internet reste un forum public qui, s’il n’est pas accessible à toute la population, n’est est pas moins d’une gratuité vitale pour une petite association sans autres ressources que les cotisations de ses adhérents. 10 euros la carte, jeunes gens ! Plus vous serez, plus nous ferons !

En attendant Constantin Dragasès, donc, qui nous manque un peu, il faut le reconnaître, certains soirs au clair de Lune… Où êtes-vous, Constantin ? Où en êtes-vous ? Reviendrez-vous nous expliquer comment Bihorel va mieux depuis que le désir d’opposition d’un seul homme a interdit la victoire d’une équipe ? Reviendrez-vous nous livrer votre analyse des raisons profondes de notre défaite ? Nous trépignons.

Où en êtes-vous, jeunes gens dynamiques de la liste de monsieur Ravenel ? Serez-vous présents pour essayer de sauver la 7e classe de l’école Raymond Larpin, le samedi 31 mai ? Signerez-vous au moins la pétition qui circule devant les écoles ? Viendrez-vous en citoyen ou en représentant de la liste qui voulait construire une alternative apolitique ?

A moins que l’alliance des mécontents et de la maison Modem en mode furtif n’ait déjà implosé sous le coup du sentiment du devoir accompli ? Ou bien que certains locataires aient laissé couler l’eau du bain centriste avant de reprendre leur sieste ? Alors dans ce cas, restons bien à l’affût, car les rats ne tarderont à quitter le navire… Festin !

FDuval