Le nouveau conseil municipal, réuni pour la troisième fois le 22 avril, a entériné la fermeture de l’école Corneille.
Comme un symbole, ce début de deuxième mandat de Monsieur Houbron sera marqué par une fermeture d’école, sans état d’âme de la part des élus de la majorité puisqu’ils ont tous voté pour.
Seuls les 6 élus d’opposition PS-Verts ont voté contre, dans l’indifférence générale des élus de la majorité. Monsieur Buisson était absent, Monsieur Ravenel s’est abstenu.
Mais, comble d’ironie, Monsieur le maire, après nous avoir expliqué que cette fermeture était une « fatalité » imposée à la fois par la démographie chancelante de Bihorel et par l’inspection d’académie, a affirmé qu’il allait par ailleurs impulser le renouvellement urbain et renforcer le lien social en installant un nouvel équipement dans les locaux de l’école Corneille.
C’est un peu court. Quel est ce projet ? Quand sera-t-il opérationnel ? Quand créera-t-il réellement du lien social ?
Monsieur le maire, vous fermez une école pour la première fois de l’histoire de la commune, en oubliant que l’école est, sur un quartier, le premier lieu de sociabilisation et de rencontres, que l’école est le premier équipement permettant le renouvellement urbain.
Nous savons aujourd’hui que la qualité de l’offre scolaire a un impact non négligeable sur les stratégies résidentielles des familles. A côté du prix du logement, la présence d’une école, sa bonne réputation, les services qu’elle offre au-delà des heures d’enseignement, les commodités de déplacements, tous ces éléments interviennent dans le choix d’implantation des nouvelles familles.
Vous déplorez la baisse de population, Monsieur le maire, mais vous privez un quartier d’un équipement essentiel aux familles, alors même que ce quartier de Bihorel est probablement celui sur lequel les évolutions auraient pu être sensibles dans les années à venir.
En effet, dans un contexte national qui incite tous les Français à devenir propriétaires (sans vraiment leur en donner les moyens), les typologies de ce secteur de Bihorel, maisons individuelles avec jardin, petits collectifs, correspondent pleinement aux produits recherchés.
Ces constructions possèdent une bonne situation dans la ville, proche des transports en communs, cumulent une bonne qualité architecturale et constructive et, argument non négligeable à Bihorel, restent dans des prix raisonnables. Ainsi on peut penser que le renouvellement humain de ce secteur se fera tout naturellement, permettant à la commune d’accueillir des familles avec de jeunes enfants, à condition de leur offrir les services correspondant à leurs besoins : garderie, école, transports, sécurisation des parcours…
En fermant l’école Corneille, vous réduisez la qualité de l’offre scolaire et, de fait, loin de vos déclarations de principe sur le renouvellement urbain, vous renforcez les inégalités spatiales par des inégalités scolaires. Vous favorisez la fragmentation de la ville en quartiers socialement distincts dont certains sont même privés de l’école de quartier, premier lieu de vie et de citoyenneté.
Nous vous avons demandé, Monsieur le maire, de surseoir à cette décision, de prendre un an pour évaluer réellement les besoins et les attentes des habitants et pour faire une étude démographique sérieuse évaluant précisément les effectifs pour les années à venir.
Nous vous avons demandé, Monsieur le maire, de créer les services complémentaires à l’école, indispensables aux familles (garderie, cantine…) afin d’inciter les parents qui s’étaient orientés vers d’autres structures d’enseignement, faute de commodités, de retrouver leur école de quartier.
Nous vous avons demandé, Monsieur le maire, de poursuivre les inscriptions jusqu’en septembre, et même d’accueillir des enfants entre 2 et 3 ans.
Nous vous avons demandé, Monsieur le maire, de sécuriser les parcours des enfants vers les écoles.
… En vain
Dont acte.
loic Lucas
15 mai 2008 à 07:12
On savait que M Houbron était le candidat de sarkozy, mais une telle assiduité est plutôt inquiétante… Même de nombreux maires de droite préservent leurs écoles pour garantir la qualité et la cohérence de leur territoire. Au delà de quelques annonces de surface, la fermeture de cet établissement est réellement idéologique, prévue depuis longtemps… Les électeurs jugeront rapidement qui est le menteur dans l’histoire… Bref ne baissons pas les bras, ce n’est que la première de nombreuses attaques contre nos services publics qui auraient pourtant besoin d’être soutenus plutôt que fragilisés.