Le blog est par ailleurs en cours de refonte, mais, “pendant les travaux, l’opposition continue” et je vous invite à consulter nos derniers billets et quelques informations pratiques à venir : qui sont les élus, les membres des commissions etc. A vous de commenter, suggérer, critiquer, encourager. Les 6 élus de l’opposition de Gauche seront particulièrement attentifs à vos messages.
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Bonne lecture.
Pendant la campagne des élections municipales, monsieur le Maire m’a fait remarquer – enfin, il s’adressait aux Bihorellais mais je me suis senti assez visé et pour cause - que je n’avais jamais assisté au Conseil Municipal, mauvais Bihorellais, Français, être humain, poussière d’étoile que je suis. Don’t act, comme on dit à « Boboland du haut », me voilà parti, en ce mois d’avril 2008, arpenter mon chemin de croix afin de me transformer, dans les 6 ans, en un excellent Bihorellais. Première résolution, donc : j’assisterai désormais, faute d’y participer activement, à ce grand rituel qu’est le conseil municipal.
Pour information, à l’issue de ces élections, j’ai obtenu la médaille démocratique en chocolat de la liste « Bihorel avec vous » puisque je suis le premier « non élu », celui qui a échoué au pied du podium. Ma mère m’avait pourtant bien dit de ne pas accepter la place de numéro 7, un chiffre galvaudé, trop souvent associé à : double zéro, mercenaires, péchés capitaux, familles, nains… Et l’évocation par les quelques amis qui me restent de la septième merveille du monde ne me consolera pas.
Bref, me voici, en compagnie de nombreux camarades, sagement réduit au fond de la salle des mariages, à gauche, près du radiateur avec l’interdiction formelle de parler et de lancer des boulettes. Tout un programme. Ceci dit, après les premières séances, je suis bien obligé d’admettre que les échanges démocratiques sont verbalement très techniques. Autour de moi, ils sont toute une brochette citoyenne à analyser en chuchotant tout ce qui se dit. C’est rassurant d’avoir des proches qui suivent mais, en toute honnêteté, j’avoue avoir décroché assez vite… J’en conclus qu’effectivement, ça ne peut pas me faire de mal d’assister régulièrement aux débats, ne serait-ce que pour me familiariser avec un vocabulaire qui, s’il n’a pas été puisé dans l’intégrale d’Henri Michaux ou l’œuvre complète de Francis Ponge, n’en reste pas moins difficile d’accès pour le Béotien mais futur Bihorellais exemplaire que je suis.
Toutefois, durant ce conseil, tandis que je ne comprenais pas tout ce qui se disait et remarquais, en observant la tête de certains élus - pas les nôtres, ils nous tournent le dos - , que je n’étais pas le seul, l’idée d’une chronique en marge des résumés et commentaires éclairés de mes camarades de l’opposition m’a titillé. Pendant que ça discutera piscine, permis de construire, fermeture d’école ou droit de préemption, j’essaierai d’observer et d’écouter les gens, tous les gens, pas seulement la majorité, mais aussi le public, les dos de l’opposition de gauche, le profil droit de monsieur Ravenel de l’opposition choisie, le trois-quarts face de Maurice Buisson, les chaises vides, tout le monde. A l’aide de quelques petits croquis et notes impubliables qui m’aident à fixer des expressions, des attitudes, j’essaierai de figer des instants, des impressions, un peu comme des clichés pris sur le vif. Ensuite, je choisirai quelques situations pour rédiger cette chronique.
Pour la première, j’ai retenu une fraction de seconde de la vie de celui à qui je dois d’être présent au fond de la salle : notre Maire à tous , Pascal Houbron.
Situation : le sujet de l’instant est consacré à la fermeture définitive de l’école Corneille et à la suppression possible de deux autres classes dans la ville.
Benoit Pétel fait remarquer que monsieur le Maire ayant soutenu Sarkozy durant la présidentielle, il ne faut pas s’étonner qu’il ne se mobilise pas fermement contre le désengagement de l’Etat en matière d’éducation. Monsieur le Maire n’aime pas entendre ce que dit Benoit. En l’écoutant, il engage une petite moue d’exaspération contenue. Puis, Benoit, assez technique et vieux singe à la fois, avance l’idée que - sans vouloir réanimer la guerre scolaire - il est observable que la majorité semble se satisfaire de la place très importante que tiennent les écoles privées dans la commune. Et là, sans même deux ou trois phrases d’élan, Pascal Houbron répond sèchement : « liberté de l’école », et accompagne ses mots d’un geste de la main que je m’en vais vous détailler précisément.
Si on devait décrire la scène de la manière la plus visuelle et la plus efficace possible, on pourrait s’aventurer vers cette formule :
- soudain, l’œil vif, défiant l’auditoire, le Maire balaie l’argument de la main.
Techniquement, balayer de la main, c’est partir d’un poing fermé, main à hauteur et proximité du torse puis pratiquer un ample geste, comme une gifle du revers, en direction de son interlocuteur. En fin de course, la main ouverte remonte légèrement vers les hauteurs faisant prendre aux mots qui accompagnent le geste, un écho de fermeture de discussion définitive. « Liberté de l’école ».
Au nom du principe de la liberté de choix, monsieur le Maire refuse d’entrer dans un débat de fond qui visiblement l’ennuie. J’ai trouvé ce geste, mais vous allez dire que j’exagère, ultralibéral au sens « Alain Madelin » du terme quand ce dernier nous offrait, dans la lucarne, des conclusions en forme de leçon sur la pertinence du marché qui peut et doit tout réguler sans contrôle, sans contrainte.
Fermeture définitive de la discussion et de l’école Corneille, un geste, deux coups.
Monsieur le Maire aime balayer de la main. Je persiste à le trouver beaucoup plus libéral qu’humaniste.
FDuval
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