Le constat : une vraie diversité humaine et architecturale :
A l’origine, quartier isolé de Bois-Guillaume, Bihorel est resté jusque dans les années 60, un bourg rural resserré autour de son église et de sa mairie.
Les différentes périodes de développement ont urbanisé le territoire au détriment d’un paysage rural.
Aujourd’hui, l’organisation urbaine est éclatée en plusieurs pôles de taille comparable. Si le vieux bourg conserve son statut de centre historique, il peine à acquérir les caractéristiques de la centralité d’une ville de 9 à 10 000 habitants. Malgré sa faible superficie, Bihorel se vit comme une ville a trois centralités plus ou moins affirmées. L’histoire de son développement a entrainé la juxtaposition de trois entités aux personnalités fortement différenciées tant au point de vue de l’organisation urbaine, de la typologie architecturale que de l’occupation sociologique.
Le caractère étiré du territoire, son manque d’épaisseur, la position aujourd’hui excentrée du noyau d’origine, l’impact marqué de ruptures entre les différentes entités, comme la rocade, sont autant d’éléments qui compromettent une lecture du territoire dans sa globalité.
Ces différentes contraintes ne facilitent pas l’affirmation d’une identité communale territoriale. L’éparpillement des espaces de centralité dilue l’image de la commune et l’appropriation par les habitants de leur propre territoire.
A une époque ou de nombreuses communes sont confrontées à une difficile gestion humaine et architecturale de quartiers dits « difficiles », on peut estimer que Bihorel a évité le pire.
Cependant peut-on imaginer aller au delà de ce constat et devenir a contrario, un exemple du « mieux », à savoir une collectivité non plus formée de trois quartiers juxtaposés mais bien d’un territoire vécu ensemble avec une histoire et un quotidien partagé et concerté ?
Partant d’une réalité communale fortement marquée par des juxtapositions historiques, architecturales et humaines sans véritable cohésion, nous sommes conscients qu’une ville ne se transforme pas avec un coup de baguette magique. Il n’est pas question de redessiner la ville dans sa globalité, mais en partant de diagnostics précis sur ce qui fait notre commune, nous souhaitons cependant proposer des pistes de rapprochement entre les différentes entités afin d’initier ou de renforcer une appartenance à un territoire commun.
Nous souhaitons mettre en place une politique urbaine qui permette à chacun de trouver sa place et qui donne un sentiment d’appartenance à une collectivité chaleureuse. Nous pensons qu’il est temps de passer d’une juxtaposition aléatoire de trois secteurs à une ville composée, certes de trois quartiers, mais trois quartiers vivant en complémentarité. Passer d’une ville juxtaposée au gré de ses périodes de développement à une ville unie, durable et tirant sa richesse de sa diversité humaine et environnementale.
La situation :
Notre commune présente la caractéristique d’être une « jeune » commune. Créée récemment au prix de nombreux efforts, elle est détachée du grand territoire de Bois-Guillaume il y a un siècle et se développe en limite de la ville centre de l’Agglo.
Cette position en limite du centre principal lui confère un avantage en terme d’attractivité résidentielle.
A contrario, notre territoire est aujourd’hui un lieu de passage obligé, transit domicile-travail des habitants de Bihorel mais également des habitants des communes environnantes, ce qui génère de nombreux désagréments sans rien apporter à la commune.
La faible superficie et le caractère entièrement urbanisé du territoire
Bihorel est un petit territoire de 250 hectares environ, pratiquement entièrement urbanisé. Ainsi, il est possible d’affirmer que l’ensemble du territoire « fait ville ». Cette réalité oblige à un travail en finesse sur le territoire, face à un territoire réduit, aucun espace ne doit être négligé en terme de réflexion urbaine, tout fait sens, tout est signifiant de la ville et de son devenir.
Cette réalité, qui peut paraître contraignante est aussi un atout : nous ne pouvons pas aller dans le sens tant décrié de l’étalement urbain, nous devons repenser la ville sur la ville par un travail homéopathique et qualitatif de l’ensemble de l’espace communal.
La place de Bihorel dans l’agglomération pose de fait la question de son affirmation, de son dynamisme et des atouts que la ville doit développer pour conforter sa position. Ainsi, cela pose également la question de la démographie et du vieillissement de la population, paramètre non contestable de ces dernières années.
Plusieurs questions essentielles sous tendent notre réflexion et notre futur projet :
1- comment faire valoir les intérêts de notre commune, coincée entre la commune centre de l’agglomération et les zones résidentielles en forte croissance ?
2- faut-il ou ne faut-il pas automatiquement espérer une augmentation de population (barre de 10 000 habitants souvent évoquée par monsieur le maire actuel)?
3- comment répondre à une demande réelle de logements sur la commune ? Comment gérer la pression foncière et immobilière ?
Après une période de forte progression, la population de Bihorel a régressé pour atteindre 8 645 personnes en 2004.
Les chiffres INSEE 90-99 nous permettent de constater que, pendant la période 1990-1999, l’évolution démographique de Bihorel est négative (-3.3%) alors que celle des commune voisines est fortement positive : Bois-Guillaume : +17.8%, Mont Saint Aignan : +6.5%, Isneauville : +5.1%.
Le calcul du point d’équilibre établi dans l’étude diagnostic du P.L.U (page 102), nous informe du fait qu’il conviendrait de construire 477 logements pour maintenir le niveau de population de 2004, à savoir 8 645 habitants.
Compte tenu de ces données démographiques, qu’il conviendrait de faire vérifier par une étude de terrain précise, l’augmentation obligatoire de population est discutable. La croissance démographique ne signifie pas automatiquement dynamisme et encore moins qualité de vie. Il semble évidemment indispensable d’accompagner un renouvellement de population compte tenu du vieillissement. Mais celui-ci ne doit pas être perçu comme un paramètre indispensable du développement de la commune.
Pour nous, développer et redynamiser Bihorel n’est pas automatiquement synonyme d’augmentation importante de population.
A l’heure ou l’une des problématiques des villes est de contrôler leur étalement urbain et les problèmes qu’il engendre en terme de développement durable, l’exiguïté et l’urbanité de notre espace territorial doit être perçu comme un atout, elle limite les risques d’extension incontrôlée et dépensière d’équipements.
Que mettons-nous derrière le terme « qualité de vie », si souvent exprimé dans les discours de l’équipe en place ? Comment conforter et protéger les caractéristiques paysagères chères aux habitants de Bihorel ?
De par sa faible superficie, sa configuration étirée nord-sud, sa position dans l’Agglo, les caractéristiques de ses axes, souvent rectilignes, la commune de Bihorel se transforme matin et soir en « couloir de circulation », zone de transit rapide et sans arrêt qui n’apporte que des désagréments aux habitants.
De ce fait, le problème des déplacements constitue un volet très important de notre réflexion. Ils doivent être étudiés pour imaginer les mesures nécessaires pour réduire le trafic de transit au profit de déplacements ordinaires mais également pour redonner aux autres modes de déplacement toute la place qu’ils méritent, en particulier les déplacements doux (piéton, vélos, minibus…). Nous ne sommes pas anti-voiture, les besoins sont réels, tant en terme de voies que de stationnement mais nous souhaitons que l’espace public soit partagé.
Mettre en place une réflexion ambitieuse autour du thème des déplacements sur l’ensemble de la commune nous paraît indispensable, autant pour des questions de sécurité que de confort de tous les usagers.
Dans l’immédiat, sans être exhaustifs, nous pouvons déjà évoquer les secteurs suivants :
- les accès aux différentes écoles (Larpin, Saint Victrice…)
- les ruelles du centre bourg (absence de trottoirs accessibles aux poussettes ou personnes handicapées, circulation et stationnement délicats.)
- la traversée du plateau des Provinces par les poids lourds en particulier en cas de fermeture du tunnel
- l’avenue des Hauts Grigneux, en particulier aux heures de transit domicile-travail
Martine Laconde.
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